L’ILE SAINT LOUIS..L’ILE AUX VACHES..

Deux petites îles,l’île aux vaches,et l”île Notre Dame,deux terrains vagues,parfois la Seine les submergeaient totalement..Début de l”histoire..

L”île Saint-Louis,au XVII ème siècle va devenir le quartier le plus clair,le plus salubre,le plus confortable et le plus riche de tout Paris.Lîle aura même son église,qui succédera à une chapelle élevée en 1622,le projet de construction de l’église dâte de 1670 et c’est en 1721que l’église Saint-Louis sera achevée.

L’île Notre Dame sera rattachée et les deux îles n’en feront qu’une..

QUAI DE BOURBON

Pendant plus de dix ans j’ai habité ce quai,voisin de Haroun Tazieff,au 15,Hôtel Charron,qui abritait,peutêtre l’atelier de Philippe de Champaigne,et sûrement l’atelier d’Ernest Meissonier et celui d’Emile Bernard.Au 19 habitait le ministre Roland Dumas..je le voyais chaque matin ouvrir ses persiennes..le 19 attirait les touristes car c’ét?it là que Camille Claudel,la maitresse de Rodin avait son atelier,le dernier, avant d’être embarquée ,,pour séjourner.. pendant 40 ans dans cet hospice dont je tairai le nom..Quelle honte Claudel,le grand catholique,ambassadeur,académicien.Je préfère me taire,tant l’histoire est sordide..bien évidemment sa famille le défend.Mais les faits sont là.Pauvre Camille.( Le musée Rodin,a en quelque sorte,contribué à racheter la peine..en favorisant la présentation de ses oeuvres,documents..Ne manquez pas Camille.

TOUS LES HÔTELS DES QUAIS. MERITERAIENT D’ETRE MENTIONNES..
Lambert.la plus belle maison particulière de la capitale à l’époque, ( Michele Morgan y loua pendant des années un somptueux apparteme,,dominant la Seine..) L’Hôtel de Lauzun..est un hôtel qu’il faut deviner,visites guidées sur rendez-vous Propriété de la ville de Paris,c’est là que préfets,maires,..reçoivent à déjeuner ministres et chefs d’Etat étrangers

BELLES RENCONTRES EN l’ILE SAINT-LOUIS..

Théodore Monod,je le rencontrais au moins une fois par semaine,dans l’épicerie de la rue Saint-Louis,sa petite canne et son chapeau qu’il enlevait en pénétrant dans l’étroite boutique,pour faire la queue à la caisse,..il herborisait sur les quais,parfois même devant la large porte du 15,montrant à Haround Tazieff une plante,minuscule,mais fort rare d après lui ,elle ne poussait qu’en l’île…

Monsieur Jacques,c’était le papetier,marchand de journaux,où ,chaque matin,je croisais l’écrivain Revel,Monsieur Fernand était le poissonnier qui connaissait tout le monde,Kurt,le traiteur avait servi le couple qui allait s’installer sur le trône de Belgique..Vadim y prenait son café noir et lisait Libé,nous nous rencontrions souvent, lui parlant cinoche,moi de mes tournées avec Louis Jouvet et Jacques Hébertot.. A quelques pas,rue Saint-Louis,le restaurant de Jean-Claude Brialy..très smart..Mais des restaurants il y en avait des dizaines sur l’île,moi j’avais adopté une brasserie face à la passerelle,avec sa large terrasse qui donnait sur l’énorme saule d’en face de l’eau,celui qu’avait connu les poètes… Beaudelaire,Carco,Jankélévitch,..et pas mal de ” Yankees” sans doute,amoureux de l’île,Hemmingway,Edithe Wharton,Madeleine Carroll,John Frankenheimer..

Héléna Rubinstein avait acheté le grand hôtel Hésselin au quai de Béthune,le président Pompidou l’occupait,au-dessus Claude Mauriac,vaste panorama d’où surgissait Notre-Dame…l’un des plus beaux points de vue sur la Seine,les ponts,quais,chalands qui passaient ,touristes,flash des photos..tout un petit monde des boutiquiers,amoureux et clodos….Pendant quelques années j’allais,chaque vendredi à 18 heures,à la messe du Cardinal Lustiger…Sa messe avait de l’allure,sa parole aussi,n’était-ce le micro et ses éffets larsen..L’orgue était tenue par un grand maître..Je repartais dans la nuit croisant Michel Piccoli,Lambert Wilson,parfois Moustaki et sa grande cape qui habitait dans le coin,petit appartement en hauteur,fleurs sur balcon,la Seine en dessous,décor de poète.

Frédéric Vitoux est l’homme qui connait le mieux l’île Saint Louis,il y a habité plus de quarante années..cinquante peut-être,c’est la rérérence incontournable “Mes îles saint-louis” Edition Chène/Hachette.

ET JEAN-CLAUDE BRIALY ?..

C’était un enchanteur.Un conteur remarquable,bien au-dela du “mondain” ..Son ouvrage ” J’ai oublié de vous dire” a été tiré à plus d’un million d’exemplaires..

Que dire de Jean-Claude,qui habitait au bout du quai de Bourbon..près du pont,et de la brasserie ou je me rendais chaque jour..Que dire d’un prodige à qui tout réussissait..?.Dieu l’a repris,au terme d’une lutte,en principe douloureuse.. rude,éprouvante..il eut la délicatesse de cacher son cancer même à ses meilleurs amis..pour ne point les attrister,de peur qu’ils manquent la fête.Laquelle ? Celle de chaque jour.C’était le point d’orgue de sa “mondanité “.Son style.exquise délicatesse,sensibilité à fleur de peau,qu’il masquait par l’humour,le dérisoire.. C’était un très grand Monsieur” m’ a dit sa concièrge .Nous le savions.

Jean Pauzin,Révélation.Paris ce 31 Mai 2007