CET OBSCUR DÉSIR DE MOURIR..DANS LES ABYSSES DE L’ÊTRE
POURQUOI VEULENT-ILS MOURIR ?..
Certes,un corps en ruine n’invite pas à la vie,- télé,presse,radios..chaque jour, chaque soir, nous apprennent que certains ” ont mis fin à leurs jours “..d’autres le souhaitent,ils invoquent le” droit de mourir en paix “..,de mettre fin,.
.Mais s’agit-il vraiment de “mourir” ou de “partir”,d’ôter cette peau terrienne,vivre ailleurs..quitter cette souffrance intolérable.. dans l’espoir d’un bonheur, ? Ou ? Comment ? Peu importe la destination pourvu qu’elle soit meilleure.. et le “comment” n’est pas de mise - On quitte,c’est tout.Adieu la valise..
L’OBSCUR DÉSIR DE MOURIR..
Il est là,tout au fond des abysses,parfois il remonte,il surgit tel l’éclair…Pour traiter le sujet je préfère la littérature,la grande - plutôt que FREUD,JUNG,ADLER,LACAN,et même LOU ANDRÉA SALOMÈ..la belle Lou de Rainer Maria RILKE, la disciple préférée de FREUD.,le rève insensé de NIETZCHE ( hé oui,une séductrice cette psy)
RANCÉ L’ASTRE NOIR DU GRAND SIÈCLE..
Je suggère RANCÉ.Le plus bel homme de la Cour,le séducteur des Salons,le beau RANCÉ,à la taille bien prise dans son justaucorps carapaçonné d’émeraudes..
RANCÉ fut l’autre astre du Grand Siècle.Le double sombre du Roi-Soleil,Louis le quatorzien..Docteur en Sorbonne,filleul de RICHELIEU ,aumonier de Monsieur,frère du roi,un séducteur,éblouissant, en lui tout séduisait, sa conversation .., son allure, cette taille si bien prise,ses bijoux précieux,bas fins et dentelles - C’est le même RANCÉ,qui préférait la chasse à la messe,devenait “l’abbé Tempête”,l’épée au côté,accomplissant des prouesses à cheval.. !Séduction nouvelle..Quel homme !
FOUDROYÉ PAR L’AMOUR !
C’est ici qu’intervient ” cet obscur désir de mourir”,tel un révélateur l’amour renverse notre homme -” ayant reçu un coup de foudre de la plus belle femme de la Cour “..La duchesse de MONTBAZON,une femme superbe,qui tenait salon,..Un RUBENS que ces Messieurs - Grands Seigneurs,Militaires,- un Maréchal , Religieux - un Cardinal..- tentèrent en vain ( ? ) d’avoir dans leur lit. rumeurs folles..Vint RANCÉ. La foudre.!
Ils s’aimaient,on jasait,elle ne voulait que lui..il la quittait tard..mystère ?
C’est RANCÉ qui doit annoncer à cette femme superbe qu’elle est atteinte d’une maladie mortelle ! Elle l’apprend ” de sa bouche”..Et meurt d’une rougeole.
.RANCÉ,lui, meurt, - au monde,à la Cour,au Roi,.à ses amis- il s’enferme dans sa douleur,se retire..Puis se convertit et,lui,le séducteur aux habits précieux, entre dans le célèbre monastère cistérien de LA TRAPPE.Il va le réformer. En faire le Saint des Saints,un lieu exemplaire,fascination de la Cour,du Roi des plus grands…
BOSSUET,MABILLON..L’astre noir exerce une fascination plus grande que le Roi-Soleil,..il éblouit Versailles,Rome..Mais l’obscur désir de mourir est présent.
.LA TRAPPE ! Il faut lire RANCÉ , le séducteur,le galant..réformant le monastère le plus célèbre de France..et la mort,présente. en tous lieux..l’obscur désir s’est transformé en une institution,des règles,une stricte obédience à l’abbé - RANCÉ -Il est l’abbé le plus célèbre de France,des milliers d’admiratrices ..on vient de loin pour tenter de voir le ” supérieur” - Le plus informé de France,car RANCÉ,réformateur et supérieur trappiste,restait au contact des plus grands..Le roi,lui-même,stimulé par BOSSUET..Et RANCÉ électrisent ses moines,..dans l’agonie surtout ! Fasciné,lui-même,par cette mort..- il faut lire le livre.-
VOICI QUELQUES VERS BIEN TROUSSÉS PAR UN POÉTE DE L’ÉPOQUE..
” Il n’est rien qui me fasse faire vivre/ Que l’espérance de mourir./Mon salut consiste à périr/La mort de la mort me délivre/Objet de mes plus doux ébats/mort qui rend ma vie immortelle/Je te cherche avec tant de zèle/Que je meurs de ne mourir pas.
- poète médiocre -mais ces quelques vers rendent bien cette passion du funeste,Il s’agit d’un religieux - ,le capucin Martial de BRIVE - dans son ” Parnasse Séraphique” publié en 1660- influencé par la vie de RANCÉ..)
Il faut lire ce livre où la mort et l’amour flambent à chaque page,enlacées par le talent de Jean-Maurice de MONTREMY ..(www.editions-perrin.fr)
Un livre sublime. J’ai souhaité cette hauteur pour traiter le sujet.Laissons la psychanalyse.,,banalisation..et jactance,alors qu’ici,la seule présence de RANCÉ transforme ce désir obscur de mourir,en une mort baroque,remplie de gestes sublimes et de rumeurs magnifiques.
.Ce volcan intérieur, soleil noir,au plus profond des abysses,il existe en tout être.Comme un reproche permanent, - tel l’Abel de la Trappe au Caïn de Versailles. Nous avons tous quelques grains de RANCÉ…