Petit livre majeur d’André DHÔTEL sur un personnage extraordinaire,marcheur infatiguable et rêveur impénitent..

Au jour de sa mort,- un jeudi saint à Rome,la foule des pauvres proclame ,comme si cela allait de soi, son absolue sainteté.Bien plus tard,Germain NOUVEAU et VERLAINE,deux vagabonds,viendront dans son village de naissance,Amettes,en pélérinage,à leur façon,pour celui qu’ils tenaient tous deux pour une figure emblématique ” du saisissement et de la peine d’une pureté indicible”.

Réédité par La Table Ronde,ce bouquin de petit format,est mon compagnon du soir,lorsque las des “nouvelles”,radio,télé,et autres brisures d’insignif!iantes catégories,..-la fraîcheur du mendiant de Dieu,franchissant les montagnes,visitant les lieux de culte de l’époque,seul,dans ses nippes crasseuses et son curieux chapeau,parcourant la France,l’Allemagne,l’Italie,..on le vit en Espagne….Vers la fin de sa courte vie,on le verra, simultanément en plusieurs églises,parfois en suspension,enveloppé de lumière.

.Il dormait dans les trous du Colisée,s’étant fait un lit de fougères,muni d’une petite bougie pour éclairait ses lectures..

Saint des voyages,des étoiles,du soleil,des petites choses ,des graminées plumeuses et des coquelicots dans lesquels il priait..marcheur infatiguable au ventre creux,doux rêveur..

C’était sa condition de vie que de marcher et de mendier son bol,il se trouvait là.heureux,comme un fragment de l’univers,ni plus important,ni moins,que la graine de chardon,les oiseaux et tous les autres hommes dispersés dans les pays traversés..marchant jour et nuit,comme s’il n’avait céssé de chercher une mission,un lieu,une réponse..

A sa mort,dès bandes d’enfants envahirent Rome en criant ” le saint est mort,le saint est mort..!, ces enfants qui le caillassaient et se moquaitent du mendiant,mais ce jour la toute la ville suivit les garnements,comme une révolte issue d’une croyance intacte et indiscutable..

La rumeur énorme se propageait dans Rome,peu de temps après des images de Benoît circulaient déja en Europe..La cause de béatification fut introduite,la canonisation intervint cent ans plus tard et les miracles n’ont point céssé.

Cependant nous reverrons touijours Benoît,comme l’image d’un Ami éternel avec sa démarche inlassable et rêveuse qui témoigne d’une beauté continuée,à retrouver aussi dans la nuit,où que ce soit et pour tous,jusqu’au bout du monde.

C’est mon compagnon vespéral.

Jean Pauzin Leader grands seniors paris ce 6 Mai 2008